Nord-Kivu : « Bonne collaboration, bonne thérapie » pour une prise en charge holistique des victimes de guerre

Nord-Kivu : « Bonne collaboration, bonne thérapie » pour une prise en charge holistique des victimes de guerre

Un atelier de sensibilisation et de formation a réuni ce samedi 04 juillet 2025 à Goma des professionnels de santé autour d’un objectif commun : renforcer la collaboration multidisciplinaire afin d’améliorer la prise en charge des victimes de guerre. Entre rééducation physique, accompagnement psychologique et réinsertion sociale, l’autonomisation du patient apparaît désormais comme une priorité.

Dans une région régulièrement frappée par les conflits armés, la réponse médicale ne peut plus se limiter à des interventions isolées. C’est le message porté par Jules Makuta, président provincial de l’Union des kinésithérapeutes du Congo (UKC) au Nord-Kivu, lors d’un atelier thématique placé sous le slogan « Bonne collaboration, bonne thérapie ; bonne thérapie, bonne collaboration ».

L’activité a réuni plusieurs catégories de praticiens, notamment des médecins, des kinésithérapeutes, des psychologues, des infirmiers et des orthoprothésistes. L’objectif était de renforcer la complémentarité entre les différents acteurs de la chaîne de soins.

Selon Wivine Mukata, technicienne orthoprothésiste au centre Shirika la Umoja, cette synergie est indispensable pour obtenir de bons résultats. Elle explique qu’un patient amputé dépend d’une prise en charge coordonnée entre plusieurs spécialistes : le chirurgien, le kinésithérapeute et l’orthoprothésiste.

« Si le moignon n’est pas bien préparé, cela peut poser plusieurs problèmes et empêcher le patient de marcher correctement », souligne-t-elle, insistant sur le rôle essentiel de chaque maillon dans le processus de réadaptation.

Au-delà de l’hôpital, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’impliquer la communauté dans le suivi des patients. Pour Jules Makuta, la réintégration ne peut être complète sans l’appui des relais communautaires, chargés de sensibiliser la population et de favoriser l’acceptation sociale des personnes affectées par la guerre.

Cette dimension sociale est d’autant plus importante que de nombreux patients sortent des structures sanitaires avec des séquelles physiques ou psychologiques. Leur rétablissement passe donc aussi par le regard de la famille, du voisinage et de l’entourage.

Le témoignage de Wivine Mukata a donné une portée plus humaine à cette rencontre. Elle-même amputée, elle reconnaît la difficulté d’accepter son handicap.

« Si je suis acceptée par la communauté, par ma famille, moi aussi je serai obligée de m’accepter », confie-t-elle.

À travers cette initiative, les professionnels de santé veulent faire passer un message d’espoir aux victimes de guerre. Malgré les traumatismes et les séquelles, la vie doit continuer, avec un accompagnement adapté et une solidarité renforcée.


Oredy Musanda