L’Université de la Conservation de la Nature et du Développement de Kasugho (UCNDK) a annoncé, samedi 29 août 2026, le lancement d’un vaste projet de développement durable autour du Lac-Vert en un espace touristique, économique et écologique. Pisciculture, lutte contre la pollution, reboisement, formation des jeunes et création d’emplois figurent parmi les principales composantes de ce projet, dont la première phase est prévue sur trois ans.
L’initiative ambitionne notamment de valoriser ce site naturel, de renforcer la cohésion entre les communautés locales, de lutter contre la pollution et les maladies d’origine hydrique, tout en développant des activités économiques susceptibles de bénéficier aux populations riveraines.
La première phase du projet prévoit notamment l’implantation d’activités de pisciculture, la restauration de l’environnement, le reboisement ainsi que plusieurs actions sociales.
Pour les responsables de l’UCNDK, l’objectif est de redonner au Lac-Vert sa vocation touristique tout en intégrant les populations locales dans la gestion et la conservation du site. Le recteur de l’UCNDK, Vital Kakendi Francis, affirme que le projet repose sur trois dimensions : économique, sociale et environnementale.
« Le projet consiste à rendre ce site du Lac-Vert véritablement touristique, économiquement rentable, socialement équitable et écologiquement acceptable », a-t-il déclaré.»
Selon lui, le site a été pendant longtemps confronté à plusieurs menaces, notamment le braconnage et la pollution liée aux activités humaines.
« Depuis longtemps, il a été abandonné. Il a été à la merci du braconnage et pollué par les activités de l’homme qui ont des effets négatifs sur l’environnement. Nous, en tant qu’université totalement dédiée à la cause de l’environnement, sommes venus apporter notre touche technique et académique à ce projet », a expliqué le recteur.
L’un des principaux volets du projet concerne l’implantation de la pisciculture dans le Lac-Vert. Pour Vital Kakendi Francis, cette activité devrait contribuer à réduire la vulnérabilité économique de certaines familles vivant autour du site, tout en créant des opportunités d’emploi pour la main-d’œuvre locale.
« Le projet prévoit, au début, l’implantation de la pisciculture, qui sera bénéfique à la communauté locale pour lutter contre sa vulnérabilité, mais également pour générer des emplois », a-t-il indiqué.

Avant l’introduction des alevins, les promoteurs du projet prévoient cependant une phase consacrée à l’assainissement et à la restauration de l’écosystème :
« La prochaine étape est d’abord de lutter contre la pollution de cette eau. Ensuite suivra l’implantation des alevins, parce que le projet de pisciculture doit commencer, mais aussi le reboisement », a poursuivi le recteur de l’UCNDK.
Le projet prévoit également l’implication des populations autochtones vivant autour du Lac-Vert. L’UCNDK envisage notamment de former des jeunes issus des familles locales afin qu’ils puissent eux-mêmes participer aux efforts de conservation du site.
La construction de buanderies publiques et l’accès aux soins médicaux primaires dans les cliniques de l’université figurent également parmi les actions annoncées.
«Comme nous faisons aussi de la conservation communautaire, nous voulons faire comprendre à la communauté pourquoi cette merveille doit être protégée et quelles sont les alternatives et les mécanismes prévus », a expliqué Vital Kakendi Francis.
« Cela comprend notamment la construction de buanderies publiques, la formation des jeunes à l’UCNDK et la possibilité de bénéficier des soins primaires au niveau des cliniques de l’UCNDK », a-t-il ajouté.
Selon les responsables du projet, ces différentes actions doivent permettre aux communautés riveraines de tirer directement profit de la valorisation du Lac-Vert.

La descente sur le terrain a connu la participation du vice-gouverneur du Nord-Kivu chargé des Finances, de l’Économie et du Développement, Chadrack Amani Bahati, accompagné du conseiller du gouverneur chargé de l’Élevage, de la Pêche et de l’Agriculture, Chrispin Mvano.
Les autorités provinciales ont salué l’initiative et annoncé leur volonté d’accompagner le projet. Selon Chrispin Mvano, le gouvernement provincial considère que les communautés locales doivent être les premières bénéficiaires de la transformation du site.
« Si le site du Lac-Vert devient touristique, ce sont d’abord les communautés locales qui vont bénéficier de la pêche des poissons qui seront implantés dans le lac et de l’environnement qui sera mis en place par le projet », a-t-il déclaré.
« La communauté locale est donc la première bénéficiaire de ce projet. C’est pour cela que nous sommes venus prendre contact avec elle et avec les partenaires », a-t-il ajouté.»
Le conseiller du gouverneur a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre inclusive :
« Le projet a besoin d’inclure tout le monde sans exclure personne », a-t-il souligné.
Concernant l’implication du gouvernement provincial, il a évoqué un accompagnement multisectoriel, notamment dans la mobilisation de partenaires :
« La contribution du gouvernement provincial sera multisectorielle. Nous allons accompagner ce projet et mobiliser d’autres partenaires pour qu’il soit viable et mieux considéré », a-t-il affirmé.
Selon Vital Kakendi Francis, la première phase du projet est prévue pour une durée de trois ans. Il précise toutefois que l’accord conclu avec les populations autochtones ne comporte pas de limitation dans le temps, une disposition qui devrait permettre d’assurer la continuité des activités.
« La première phase est prévue pour trois ans, mais le contrat que nous avons avec la communauté est à durée indéterminée », a déclaré le recteur.
« Le projet est d’abord financé par l’UCNDK avec les moyens de bord. Nous en profitons pour lancer un appel à d’autres partenaires qui pourraient également se greffer à cette initiative », a-t-il indiqué.
La réussite de cette initiative dépendra notamment de la mobilisation des ressources nécessaires, de la lutte contre la pollution du lac et de l’implication effective des communautés locales et des autorités. À travers ce projet, l’UCNDK ambitionne de faire du Lac-Vert un modèle de développement durable associant conservation de la nature, activités économiques, tourisme et amélioration des conditions de vie des populations riveraines.
Magloire MUTULWA