Dans les rues animées de Goma, le pari sportif s’est imposé comme une activité quotidienne pour une partie de la population. Ce phénomène, qui promet des gains rapides, s’avère pourtant être un piège économique pour de nombreuses familles déjà fragilisées par la crise sociale et la perte d’emplois.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les pertes financières liées aux paris sportifs sont fréquentes, tandis que les gains demeurent rares. Des chefs de famille, incapables de rembourser leurs dettes, se voient contraints de vendre leurs biens. Cette spirale entraîne une pauvreté accrue et accentue l’instabilité économique dans la région.
Les jeunes, particulièrement touchés, sont attirés par l’illusion d’un enrichissement facile. Mais la réalité est tout autre : la majorité perd son argent et parfois son avenir. Les conséquences ne sont pas seulement financières. Elles se traduisent aussi par des problèmes de dépendance, de dépression et un sentiment croissant de désespoir.
Face à ce fléau, les autorités locales sont appelées à renforcer les lois et les réglementations encadrant le pari sportif. Les organisations de la société civile, quant à elles, multiplient les campagnes de sensibilisation pour alerter la population sur les dangers de cette pratique. Elles insistent sur la nécessité de promouvoir des alternatives économiques viables pour la jeunesse.
Le pari sportif, loin d’être une simple distraction, est devenu un problème social et économique majeur au Nord-Kivu. La lutte contre ce phénomène passe par une combinaison de sensibilisation, de réglementation et de solidarité communautaire. Sans une action concertée, le pari sportif risque de continuer à fragiliser une région déjà éprouvée par de multiples crises.
Célestine Kalibongo