Goma: Six ONG se mobilisent pour les peuples autochtones de Bulengo et les orphelins de Sad

Goma: Six ONG se mobilisent pour les peuples autochtones de Bulengo et les orphelins de Sad

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mois-ci (aout 2026), un consortium de six organisations humanitaires a mené une action de terrain d’envergure à Goma. Du matin jusqu’au soir, ces acteurs humanitaires ont parcouru la région de Bulengo pour distribuer des vivres, des vêtements et des fournitures scolaires à deux communautés particulièrement marginalisées : les familles autochtones pygmées de Bulengo et les pensionnaires de l’orphelinat Sad. Derrière cette assistance d’urgence se cache un cri d’alarme face à la précarité extrême de ces populations sans terre ni abri.

Cette mission humanitaire est le fruit d’une synergie locale menée par six organisations humanitaires. Pour maximiser l’impact de leur intervention, HAA (Human Aid in Action)  s’est associée à cinq autres structures partenaires dont UWD (Urembo Woman Developpement), ODH (Organisation Humanitaire pour le Développement), AJIMDH (Association des Jeunes Musulmans pour la Défende des Droits Humains), SVB (Solidarité Bonne Volonté) et GCD ONG (Global Charity  for Developpement).

Face à l’absence de financements extérieurs majeurs, ces organisations ont fait le choix de s’autofinancer. Elles ont réuni de petites contributions internes pour rendre cette célébration possible auprès de ces populations délaissées, démontrant ainsi qu’une action significative est possible grâce à la concertation et à la volonté locale.

Le consortium a débuté son périple matinal à Bulengo, à la rencontre du peuple autochtone. Sur place, le constat des humanitaires est sans appel : les hommes, les femmes et les enfants vivent dans une situation de vulnérabilité totale.

« Les peuples autochtones sont des peuples délaissés, abandonnés. Ils n’ont pas d’abri, pas de nourriture, pas de vêtements. Ils n’ont absolument rien, et même les terres ne leur appartiennent pas », déplore Nicol OWANGA coordonnatrice HAA.

La communauté pygmée elle-même exprime cette détresse profonde : « Nous, les Pygmées de Bulengo, souffrons beaucoup. Nous dormons dehors, nous sommes dans la forêt ». Cette situation a des conséquences dramatiques sur l’éducation de la jeune génération. Sans abri adéquat, les intempéries paralysent leur quotidien : lorsqu’il pleut, l’eau s’infiltre directement dans leurs habitations de fortune. Le matin, les enfants se retrouvent sans vêtements secs, ce qui les empêche de se rendre à l’école.

Pour répondre à cette urgence scolaire, le consortium a distribué des kits scolaires, des vivres et des habits. Les organisations ont réaffirmé leur volonté de ne pas limiter leur action à une aide ponctuelle, s’engageant à accompagner ces élèves durant toute l’année scolaire en cours et les années futures.

Cependant, les autochtones rappellent que l’aide humanitaire d’urgence ne résout pas tous les problèmes structurels et ont formulé des demandes très précises pour sortir durablement de cette précarité :

Des bâches :Elles sont jugées prioritaires par la communauté pour protéger les habitations de la pluie et ainsi garantir que les vêtements scolaires des enfants restent au sec.

Un soutien aux petits commerces : les femmes de la communauté ont sollicité un appui financier ou matériel pour démarrer des petites activités commerciales, essentielle pour générer des revenus réguliers, subvenir aux besoins des familles et payer les frais scolaires.

Des semences agricoles : Ayant perdu leurs stocks de semences, ils demandent un appui pour pouvoir planter et cultiver de la nourriture, bien qu’ils ne possèdent pas de terres propres.

Après Bulengo, les membres du consortium ont poursuivi leur route pour se rendre à l’orphelinat Sad. L’objectif était de visiter les installations, de s’enquérir des conditions de logement des enfants et d’évaluer leurs difficultés quotidiennes. Les humanitaires y ont découvert des orphelins vivant également dans un état de grande nécessité.

Pour soulager leur quotidien, les équipes leur ont apporté des kits scolaires, des vivres et des vêtements. Au-delà du matériel, l’enjeu était avant tout psychologique et moral :

 « C’est pour qu’eux aussi puissent continuer quand même à vivre, se sentir considérés et sentir qu’ils ne sont pas tout seuls, surtout leur donner encore l’espoir de vivre et de pouvoir se retrouver au chemin de l’école », a expliqué avec émotion le coordonnateur national de l’organisation Charity Global Jean-Marie Minane.

La distribution a été organisée de manière à ce que chaque personne reçoive une part, même minime, afin d’éviter les frustrations et les plaintes au sein de la communauté. Les bénéficiaires et les leaders partagent le même vœu : voir tous leurs enfants étudier normalement.

Mais les ressources du consortium de six ONG restent limitées face à l’immensité des besoins à Bulengo et à l’orphelinat Sad. C’est pourquoi les humanitaires lancent un appel pressant à la solidarité :

« Soutenez ces enfants, soutenez ces familles qui sont dehors… Si vous pouvez avoir quelque chose pour nous accompagner, soyez les bienvenus et n’hésitez pas » à lancé cet appel Nicol OWANGA.


Oredy MUSANDA