Goma : Maman Anniece, le courage d’une mère face à la précarité

Goma : Maman Anniece, le courage d’une mère face à la précarité

À Goma, dans un contexte marqué par le chômage et les difficultés économiques, certaines femmes continuent de se battre chaque jour pour assurer la survie de leur famille. C’est le cas de Maman Anniece, une ménagère de 43 ans, mère de dix enfants et grand-mère de plusieurs petits-enfants, qui vit de la lessive d’habits, parcelle par parcelle.

Depuis l’âge de 12 ans, elle a fait de ce travail manuel sa principale source de revenus. Une activité pénible, souvent mal rémunérée, mais qui lui permet, tant bien que mal, de nourrir les siens.

Une vie rythmée par l’incertitude

Le quotidien de Maman Anniece est marqué par l’instabilité. Certains jours, elle trouve des clients. D’autres fois, elle passe des journées entières sans travail.

Dans ces moments difficiles, elle se rend chez d’autres femmes pour les aider bénévolement dans les tâches ménagères, espérant recevoir en retour un peu de nourriture, communément appelé « Murongo », pour subvenir aux besoins de sa famille.

« Parfois, je travaille gratuitement. J’aide juste pour que mes enfants mangent », confie-t-elle.

Une situation aggravée par la crise sécuritaire

La situation économique à Goma s’est fortement dégradée depuis janvier 2025, avec l’occupation de la ville par l’AFC/M23. Cette crise sécuritaire a entraîné la fermeture de nombreuses activités, la perte d’emplois et l’appauvrissement de plusieurs ménages.

Dans ce contexte, les femmes œuvrant dans le secteur informel, comme Maman Anniece, figurent parmi les plus touchées.

Malgré tout, elle refuse de céder au découragement.

Un message d’encouragement aux femmes

Dans une vidéo diffusée par Goma Webradio, Maman Anniece lance un appel aux femmes et aux jeunes filles de la ville :

« Migulu njo inaletaka kazi. »
(Ce sont les pieds qui amènent le travail.)

Par cette expression swahilie, elle invite chacun à ne pas rester passif face au chômage, mais à chercher activement des opportunités, aussi modestes soient-elles.

« Il ne faut pas attendre que le travail vienne à toi. Il faut aller le chercher », insiste-t-elle.

Un symbole de résilience

À travers son parcours, Maman Anniece incarne la résilience de nombreuses femmes gomatraciennes confrontées à la pauvreté, à l’insécurité et au manque d’opportunités.

Sans soutien institutionnel, sans emploi stable, elle continue pourtant à se battre pour l’avenir de sa famille.

Son histoire rappelle l’importance de soutenir les initiatives locales, les femmes du secteur informel et les familles vulnérables, dans une ville qui aspire à retrouver la paix et la stabilité.


Oredy MUSANDA