Les responsables des confessions religieuses du Nord-Kivu ont été mobilisés, ce vendredi 31 juillet 2026, à l’hôtel Congo Uni, autour de la campagne de reboisement portée par l’Initiative Interreligieuse pour les Forêts Tropicales (IRI). À cette occasion, les participants ont été sensibilisés à l’urgence de restaurer le couvert forestier de la ville, alors qu’une étude scientifique révèle une disparition accélérée des forêts urbaines et périurbaines.
Réunis dans le cadre des activités de l’IRI, les représentants des différentes confessions religieuses ont été invités à faire de la protection de l’environnement une priorité au sein de leurs communautés.
Le président provincial de la plateforme des confessions religieuses du Nord-Kivu et coprésident de l’IRI-Nord-Kivu, chapitre de Goma, l’évêque principal Joël Amurani, a rappelé que cette campagne de reboisement est en cours depuis 2020 et se poursuivra jusqu’à la fin de l’année 2026.
« Là où il y a des arbres, il y a la vie. Nous voulons qu’à l’avenir Goma redevienne une ville verte. Chaque famille devrait planter au moins un arbre dans sa parcelle pour contribuer à la protection de la vie humaine », a-t-il déclaré.
Il a exhorté les responsables des églises et des mosquées à intégrer des messages de sensibilisation sur la plantation d’arbres dans leurs prédications et enseignements afin de renforcer l’engagement des fidèles en faveur de la protection de l’environnement.
Au cours de cette rencontre, le doctorant Esdras Shabani Bin Kasongo, enseignant-chercheur à l’Université Libre des Pays des Grands Lacs (ULPGL), qui poursuit sa formation au Cameroun dans le domaine de la recherche, avec une spécialisation en gouvernance forestière, a présenté les résultats préliminaires de sa recherche doctorale consacrée à la gouvernance des forêts urbaines et périurbaines dans et autour de la ville de Goma.
L’étude, menée depuis 2023, analyse l’évolution du couvert forestier entre 1990 et 2025, l’importance de ces forêts pour les populations, leur capacité de séquestration du carbone ainsi que les mécanismes de gouvernance nécessaires pour assurer leur préservation.
Selon les résultats présentés, les forêts urbaines connaissent une régression spectaculaire. Leur couverture est passée de 41,49 % en 1990 à seulement 7,41 % en 2025. Dans les quartiers périurbains, notamment Buhimba, Lac Vert et Mugunga, le couvert forestier est tombé de 74,8 % à 8,41 % durant la même période.
Pour le chercheur, cette tendance traduit une déforestation massive alimentée par l’expansion anarchique de la ville au détriment des espaces forestiers.
« Si rien n’est entrepris, les projections montrent qu’à l’horizon 2050, les forêts ne représenteront plus qu’environ 1,74 % de la superficie concernée. Nous allons tout droit vers une catastrophe environnementale si nous ne réagissons pas dès maintenant », a-t-il averti.
Il estime que cette situation constitue une menace majeure pour une ville située au pied du volcan Nyiragongo, au bord du lac Kivu et à proximité du Parc national des Virunga, des facteurs qui rendent Goma particulièrement vulnérable aux risques environnementaux.
Les organisateurs de la rencontre ont ainsi appelé les autorités, les communautés religieuses et les citoyens à unir leurs efforts pour intensifier les actions de reboisement et préserver les services écosystémiques indispensables au bien-être des populations et à la lutte contre les effets du changement climatique.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des initiatives de l’IRI visant à mobiliser les leaders religieux dans la protection des forêts tropicales et la promotion d’une gouvernance environnementale durable en République démocratique du Congo.
Caleb Katembo