Goma : À 13 ans, Benjamin fabrique des “Bibulé” pour survivre et rêve de retourner à l’école

Goma : À 13 ans, Benjamin fabrique des “Bibulé” pour survivre et rêve de retourner à l’école

À seulement 13 ans, Benjamin, un jeune garçon vivant au quartier Virunga, est contraint d’abandonner les bancs de l’école pour subvenir aux besoins de sa famille. Faute de moyens financiers, il s’est lancé dans la fabrication des “Bibulé”, des briquettes issues du recyclage de la poussière de braise.

Ancien élève de 7e année (1ère C.O, ancienne appellation), Benjamin a dû interrompre ses études lorsque sa famille n’a plus été en mesure de payer les frais scolaires.

Un savoir appris auprès de sa grand-mère

C’est auprès de sa grand-mère, résidant au cclk, que Benjamin a appris cette activité. Elle lui a transmis la technique consistant à transformer les déchets de braise en briquettes utilisables pour la cuisson.

Aujourd’hui, ce savoir-faire constitue la principale source de revenus du foyer qu’il partage avec sa mère.

Une activité quotidienne pour subvenir aux besoins familiaux

Chaque soir, après les heures de cours, Benjamin parcourt les maisons et les restaurants afin de collecter gratuitement la poussière de braise.

Une fois rassemblée, celle-ci est mélangée à des ingrédients liquides pour former des boules, appelées localement “Bibulé”. Après séchage, ces briquettes sont mises en vente.

« Je vends quatre boules à 100 francs congolais », explique-t-il.

Les revenus générés servent essentiellement à assurer la nourriture quotidienne.

Entre travail précoce et privation d’éducation

Comme de nombreux enfants issus de familles vulnérables à Goma, Benjamin est confronté au dilemme entre travail et scolarisation. La précarité économique oblige plusieurs mineurs à exercer des activités informelles pour soutenir leurs proches.

Selon les acteurs sociaux, cette situation compromet sérieusement l’avenir éducatif et professionnel de ces enfants.

Le souhait de reprendre les études

Malgré les difficultés, Benjamin nourrit toujours l’espoir de retourner à l’école.

« J’aimerais continuer mes études comme les autres enfants », confie-t-il.

Il encourage également ses camarades en situation similaire à ne pas abandonner et à valoriser le travail, tout en soulignant l’importance de l’éducation.

Un appel à la solidarité

À travers son témoignage, Benjamin lance un appel aux personnes de bonne volonté, aux organisations humanitaires et aux autorités compétentes afin de bénéficier d’un appui pour reprendre sa scolarité.

Un soutien en frais scolaires, fournitures et encadrement pourrait lui permettre de retrouver le chemin de l’école.

Une réalité sociale persistante à Goma

Le cas de Benjamin illustre les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux enfants dans les quartiers populaires de Goma. La pauvreté, le chômage et l’insécurité économique continuent de fragiliser l’accès à l’éducation.

Pour plusieurs observateurs, des actions concertées restent nécessaires afin de garantir le droit à l’instruction pour tous les enfants.


Oredy MUSANDA