Face à l’épidémie de virus Ebola Bundibugyo, des chercheurs lancent un premier essai pour tester un médicament donné après exposition au virus.
L’institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa, l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE)/Inserm et l’ONG ALIMA, avec leurs partenaires, ont officiellement démarré ce lundi 14 juillet l’étude EBO-PEP pour vérifier si l’antiviral obeldesivir peut empêcher la maladie de se déclarer chez les personnes contacts.
L’étude EBO-PEP prévoit de tester plusieurs antiviraux en « prophylaxie post-exposition » PPE. Concrètement, il s’agit de donner un traitement aux personnes ayant eu un contact à haut risque avec un malade, avant l’apparition des symptômes.
Cette première phase cible le virus Bundibugyo. Elle est menée en RDC et en Ouganda. D’autres pays sont visés ensuite : Guinée, Libéria et Sierra Leone.
Le 14 juillet 2026, le recrutement a commencé en Ituri, épicentre de l’épidémie en RDC. ALIMA et Médecins Sans Frontières appuient l’opération sur le terrain.
Les centres PPE, installés près des centres de traitement Ebola d’ALIMA à Bunia et Rwampara, accueillent les premiers participants.
L’étude vise environ 1000 personnes : adultes et enfants de plus de 12 ans. Critère : avoir eu un contact direct avec un cas confirmé dans les 5 derniers jours, sans présenter de symptômes. Chaque personne sera suivie pendant 21 jours, avec un dernier contrôle au 42e jour.
Un deuxième volet est prévu,il permettra d’administrer du remdesivir, à titre compassionnel, aux enfants de moins de 12 ans, aux femmes enceintes et allaitantes. L’obeldesivir n’est pas encore autorisé pour ces groupes, faute de données suffisantes.
Pour le Dr Tedros Ghebreyesus, DG de l’OMS, « la prévention est essentielle ». Si les résultats sont positifs, la PPE pourrait devenir « une approche révolutionnaire » contre Ebola.
Pour rappel, l’OMS a classé cette épidémie de Bundibugyo en RDC et Ouganda comme « urgence de santé publique de portée internationale » le 17 mai 2026.
Célestine KALIBONGO